Dans le vaste royaume des affaires parisiennes, Paul rêvait d'une adresse célèbre. Il trouva son bonheur rue du Faubourg Saint-Honoré : un bureau certes minuscule et cher… mais prestigieux !

Les murs semblaient même parfois murmurer les noms de grands patrons.

Chaque matin pourtant, il livrait bataille contre le trafic, le métro, les klaxons et les délais. Il dépensait son énergie avant d'arriver au travail. Et chaque soir, la satisfaction d'avoir « choisi Paris » s'effaçait sous la fatigue.

Un jour, un client l'invita à Fontenay-sous-Bois. Paul soupira à l'idée de ce déplacement « en banlieue ! ». Mais à sa grande surprise, il arriva en vingt-cinq minutes, se gara sans stress, et entra dans un bureau lumineux où les fenêtres donnaient sur des arbres. L'air y semblait plus clair, et les idées plus simples.

Son interlocuteur, un jeune créateur, lui sembla tellement enjoué et décontraté que Paul lui demanda si ses bureaux étaient coûteux. En fait, presque trois fois moins que son bureau-cagibi parisien !

Sur le chemin du retour, il eut le temps, au lieu d'un embouteillage, de formuler une pensée pourtant évidente :

« Le prestige enferme. »

Morale

Mieux vaut un bureau paisible à vingt minutes de tout, qu'un coin de prestige où l'on perd ses heures et son souffle.